Focus sur les réseaux de froid, solution collective face au changement climatique

Consommant 2 fois moins d’électricité que la climatisation individuelle, contribuant à la lutte contre les ilots de chaleur urbains, les réseaux de froid s’imposent comme une solution d’avenir face aux vagues de chaleur urbaines.

Pourquoi les villes ont-elles besoin de nouvelles solutions de rafraîchissement ?


Avec le réchauffement climatique, les épisodes caniculaires se multiplient. Les villes y sont particulièrement exposées : le couvert végétal y est faible et les revêtements routiers accumulent l’énergie thermique durant la journée, créant des îlots de chaleur urbains.

La demande en climatisation explose, entraînant avec elle une consommation électrique massive et des rejets de chaleur supplémentaires dans l’espace public.

Face à ce cercle vicieux, les réseaux de froid proposent une alternative : mutualiser la production et la distribution de froid à l’échelle d’un quartier ou d’une ville entière.

Qu’est-ce qu’un réseau de froid ?


Un réseau de froid est une infrastructure collective qui produit du froid à partir de sources renouvelables ou de récupération (cours d’eau, géothermie, froid industriel…) et le distribue via des canalisations isolées vers les bâtiments.

Les bâtiments raccordés (logements collectifs, écoles, bureaux…) bénéficient d’un rafraîchissement efficace sans installer ni entretenir de climatiseur individuel.

Le froid est capté depuis une source renouvelable ou de récupération : fleuve, mer, puits géothermique ou procédé industriel. Combinée à des groupes frigorigènes ou des machines à compression, cette énergie permet de refroidir l’eau du circuit jusqu’à 1 à 12 °C.

L’eau froide circule ensuite dans un réseau de canalisations isolées pour être distribuée vers les bâtiments à rafraîchir. Dans chaque bâtiment, un échangeur thermique transfère le froid vers le système de distribution interne (plancher rafraîchissant, diffuseurs de froid…).

Lorsque les besoins sont moins importants, le froid peut être stocké pour être réutilisé plus tard lors des pics de demande, ce qui permet de lisser la production.

L’eau, réchauffée à 10–20 °C, retourne à la centrale pour être refroidie à nouveau.

  • Lutte contre les îlots de chaleur

Contrairement aux climatiseurs qui rejettent de l’air chaud et sec dans la rue, les réseaux de froid utilisent de l’eau ou de l’air humide, limitant leur impact sur la température urbaine.

  • Intégration discrète dans tous les bâtiments

Silencieux et invisibles, les équipements s’intègrent dans n’importe quel bâtiment, y compris les sites historiques, sans modifier leur aspect extérieur.

  • 2 fois moins d’électricité que les solutions individuelles

Grâce à la mutualisation des équipements et à l’utilisation de sources renouvelables, la consommation électrique est réduite par rapport aux climatiseurs individuels.

  • Stockage de froid et lissage des pics

Ils peuvent stocker l’énergie pendant les périodes de surproduction électrique, grâce à des systèmes de stockage du froid sous forme de glace ou d’eau glacée.

Des objectifs ambitieux soutenus par l’État


C’est l’objectif de croissance des réseaux de froid d’ici 2035 dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 2025).

0,97 TWh
de froid livré annuellement

3 TWh
livré annuellement

Ces objectifs confirment le rôle stratégique que l’État entend donner aux réseaux de froid dans l’adaptation des villes françaises au réchauffement climatique.

Parmi les propositions de la FEDENE :

1. Imposer des études de faisabilité pour l’approvisionnement en froid pour les projets d’aménagement, notamment dans les zones fortement affectées par le réchauffement climatique.

2. Réviser la réglementation du bâtiment (RE2020, DPE) afin de mieux tenir compte des performances énergétiques des réseaux de froid.

3. Promouvoir une hiérarchisation des solutions de rafraîchissement en priorisant les options disponibles les plus vertueuses.

Une stratégie de rafraîchissement efficace hiérarchise les solutions disponibles pour prioriser les plus vertueuses.

Il s’agit d’abord de réduire les besoins de rafraîchissement et de déployer des solutions de rafraîchissement passif, puis si nécessaire de mutualiser les besoins à travers une solution de rafraîchissement collective. Pour la production de froid, il convient de privilégier la solution mobilisable la plus vertueuse.

Retrouvez ci-dessous l’ordre de mérite des solutions de froid proposé par la FEDENE :

Une solution déjà déployée dans de nombreuses villes : deux exemples concrets


Le 26 juin 2025, l’Hôpital national des Quinze-Vingts devient le premier hôpital public parisien à être raccordé au réseau de froid urbain.

Cette initiative répond à des enjeux sanitaires et climatiques majeurs : améliorer le confort des patients et du personnel tout en réduisant l’empreinte carbone. Elle s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation des infrastructures hospitalières, alliant investissements maîtrisés et performance énergétique renforcée.

La puissance installée de 1 000 kW répond aux besoins spécifiques de l’hôpital, tout en garantissant fiabilité et efficacité énergétique.

D’autres infrastructures publiques sont d’ores et déjà raccordées au réseau de froid parisien, telles que l’Assemblée nationale, le musée du Louvre ou encore l’Hôtel de Ville.

La thalassothermie exploite l’eau de la mer ou des océans pour la production de chaleur ou de froid. Grâce à la thalassothermie, le réseau de Massileo alimente en chauffage, eau chaude et rafraîchissement une partie du nouvel écoquartier « Les Fabriques » à Marseille.

L’eau de mer est pompée au niveau du port de Marseille pour en récupérer les calories et frigories et les transporter avec une boucle d’eau tempérée jusqu’au site de production semi-décentralisé des Fabriques.

Au sein de celui-ci, des pompes à chaleur accentue la chaleur ou la fraîcheur de l’eau en fonction des besoins. Le site comporte également une unité de stockage d’eau chaude et d’eau glacée

Lancé en 2016 avec le quartier Smartseille, Massileo a connu un nouveau développement avec l’inauguration de la nouvelle production semi-décentralisée sur les Fabriques en novembre 2024. Ce réseau a vocation à continuer à fortement se développer pour desservir ce quartier en plein renouvellement urbain : d’ici 2030, sa capacité devrait être d’au moins 26 GWh.

En savoir plus sur les réseaux de froid


Retrouvez les chiffres clés des réseaux de froid dans l’Enquête annuelle des réseaux de chaleur et de froid :

Explorez la carte des réseaux de froid en France sur France Chaleur Urbaine, et recherchez si votre adresse est éligible au raccordement :

Sur le même sujet

Navigation
Navigation
Navigation