Communiqué de presse – Paris, le 18 juin 2026 — Pour favoriser l’adaptation des villes au changement climatique, la FEDENE dévoile aujourd’hui une proposition de hiérarchie des solutions de rafraîchissement.
Les épisodes caniculaires se multiplient et se renforcent. Les populations des villes y sont particulièrement exposées, de par le faible couvert végétal et le revêtement des routes qui accumule l’énergie thermique pendant la journée.
Une stratégie de rafraîchissement efficace hiérarchise les solutions disponibles pour prioriser les plus vertueuses :
- Il s’agit d’abord de réduire les besoins de rafraîchissement et de déployer des solutions de rafraîchissement passif ;
- Puis, si nécessaire, de mutualiser les besoins à travers une solution de rafraîchissement collective ;
- Pour la production de froid, il convient de privilégier la solution mobilisable la plus vertueuse.
La FEDENE propose une hiérarchie des solutions à déployer inspirée de la méthode « ENR choix » proposée par l’ADEME pour le déploiement des solutions de chaleur renouvelable et de récupération :

Zoom sur les réseaux de froid, solution collective de rafraîchissement
Les réseaux de froid reposent sur un principe simple :
- Le froid est récupéré d’une source renouvelable ou de récupération (fleuve, mer, puits de géothermie, froid issu d’un procédé industriel…) et permet, en combinaison avec des groupes frigorigènes ou des machines à compression, de refroidir l’eau du circuit au niveau d’une centrale.
- L’eau froide (1–12°C) circule ensuite dans un réseau de canalisations isolées pour être distribuée vers les bâtiments à rafraîchir.
- Des échangeurs installés dans les bâtiments permettent de transférer le froid aux systèmes de distribution interne (diffuseur de froid, plancher rafraîchissant, …).
- L’eau retourne réchauffée (10–20°C) à la centrale pour être refroidie à nouveau.
Des nombreux avantages par rapport aux solutions individuelles
- Les réseaux de froid contribuent à la lutte contre les îlots de chaleur urbains grâce à des systèmes favorisant l’utilisation d’eau ou d’air humide, là où la climatisation individuelle rejette de l’air chaud et sec dans l’espace public ;
- Ils consomment 2 fois moins d’électricité que les climatiseurs individuels[1] et leur foisonnement contribue à améliorer le rendement global en comparaison de productions diffuses et isolées ;
- Ils peuvent stocker l’énergie pendant les périodes de surproduction électrique, grâce à des systèmes de stockage du froid sous forme de glace ou d’eau glacée ;
- Ils sont silencieux, invisibles, et donc parfaitement intégrables dans les bâtiments, y compris les sites historiques ;
- Leur conception limite drastiquement les émissions de gaz à effet de serre liées aux fluides frigorigènes.
Une dynamique de croissance soutenue par les politiques publiques
En 2024, le secteur a enregistré une nette progression, comme mis en évidence par l’Enquête annuelle des réseaux de chaleur et de froid[2] :
- 1 841 bâtiments raccordés
- soit +204 bâtiments par rapport à 2023 ;
- 0,87 TWh de froid livré net ;
- 49 réseaux de froid
- soit +6 réseaux déclarés par rapport à 2023.
Le Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 2025) visent à tripler le volume de froid livré via les réseaux d’ici 2035 pour atteindre 3 TWh annuels.
Ces objectifs confirment le rôle clé des réseaux de froid pour renforcer la résilience des villes face aux épisodes de chaleur extrême.
Plusieurs grandes villes ont déjà fait le choix des réseaux de froid pour accompagner leur transition climatique, parmi lesquelles Paris, Lyon, Grenoble, Bordeaux ou Montpellier.
À Paris, le réseau de froid urbain, l’un des plus vastes d’Europe, alimente plus de 800 sites, dont le musée du Louvre, le musée d’Orsay ou encore l’Assemblée nationale.
Le 26 juin 2025, l’Hôpital national des Quinze-Vingts devient le premier hôpital public parisien à être raccordé au réseau de froid urbain. Avec une puissance installée de 1000 kW, cette infrastructure répond aux besoins spécifiques de l’hôpital : améliorer le confort des patients et du personnel tout en réduisant son empreinte carbone.
Pour en savoir plus sur les réseaux de froid : https://fedene.fr/reseaux-de-froid/
[1]. Rapport de l’Enquête annuelle des réseaux de chaleur et de froid, édition 2025, FEDENE Réseaux de chaleur & froid.
[2] Ibid.